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 1. Adolf Van Hafen - Jeune amitié

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Edouard
Tireur délire
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Messages : 13
Date d'inscription : 26/03/2017

MessageSujet: 1. Adolf Van Hafen - Jeune amitié   Dim 16 Avr - 20:35

18 juillet 1755, Volendam, Pays-Bas

Le vieux Gerb' aimait se promener le soir avec son chien dans les rues de Volendam, situé proche d'Amsterdam, et rendait souvent visite aux ancêtres, qui eux, ne pouvaient plus se déplacer depuis longtemps, si ce n'est dans les rêves.
Il connaissait les tombes de chacun et chacune dans ce hameau d'une petite centaine d'âmes, où il vivait depuis un peu plus d'une soixantaine d'années. Il les avait personnellement connu pour la plupart, y compris la tombe d'un homme qu'il avait côtoyé pendant sa jeunesse et qui lui avait sauvé la vie.
Cet homme, Gerb' allait lui rendre visite plusieurs fois par semaine afin de lui rendre hommage. C'était une habitude qu'il avait depuis le départ précipité de ce monde, de son ami, soit … un certain nombre d'années. Gerb' n'avait jamais été bon avec les chiffres, et de toute façon, il s'en fichait, tout ce qui comptait était de rendre visite à son ami.

L'on pouvait lire, sur une vieille pierre tombale située à l'écart des autres:


Ici gît Adolf Van Hafen, un des plus grands tireurs que son époque ait connu


Il sanglota, quasiment comme à chaque soir, en pensant aux moments qu'ils avaient partagés ensemble, en tant que mousses sur un navire néerlandais en partance pour le Nouveau-Monde. Leur rencontre avait été un hasard total, et parfois, Gerb' se demandait si le Bon Dieu existait vraiment, et qu'il l'avait délibérément mis dans sa vie, afin de lui montrer le droit chemin.

Il était issu d'une famille pauvre, et avait fait la majeur partie de son enfance dans la rue, à voler et cambrioler des maisons pour ensuite revendre ce qu'ils avaient pris à un autre gredin, qui les revendait plus loin - et bien sûr plus chères. Il avait néanmoins un certain respect pour sa mère qui l'avait élevé au mieux de ses moyens, et lorsqu'il réussissait ce qu'il considérait être un bon coup, soit voler un peu plus de nourriture que ce dont il a besoin, il les lui amenait au lieu de les revendre.

C'est d'ailleurs dans ce milieu qu'il rencontra Adolf, le lendemain de ses 12 ans. Ce fût d'ailleurs une rencontre brutale, car Gerb' fuyait un marchand de fruits fou-fourieux, auquel il avait volé 2 pommes à peine mûres, et était rentré dans Adolf, tête baissée, manquant de lui briser les côtes. Il fût rattrapé par le marchand de fruits, qui le saisit par le col et le menaça d'appeler la Garde s'il ne payait pas son vol tout de suite. Hélas le pauvre Gerb' était bien trop pauvre, et montra ses poches vides au marchand.
Adolf, dieu sait quel mouche le piqua, glissa une pièce dans la poche du marchand en lui disant qu'il pouvait garder la monnaie Celui-ci lâcha le garçon et s'en alla sans demander son reste, persuadé d'avoir fait une bonne affaire.

- Je suis désolé de vous êtes rentré dedans monsieur, dit Gerb en sanglotant doucement, je ne voulais pas !
- Il n'y a pas de soucis. Tu sais, je suis comme toi, un simple petit voleur, mais un voleur malin. D'ailleurs, nous ferions mieux de filer avant que le marchand s'aperçoive de la supercherie.
- Mais, ne l'as-tu pas payé plus que de raison ?

Adolf eu un petit sourire, et dit
- Disons qu'il pensait avoir fait une bonne affaire, mais quand il verra de quel pays vient cette pièce, il nous cherchera pour nous tordre le cou à tous les deux.

Une dizaine de mètres derrière eux, ils entendirent un cri de colère, qui les fît se redresser et s'envoler une dizaine d'oiseaux blancs et noirs perchés sur les toits.

- Vite, cours ! lança Adolf à Gerb en l'attrapant par le bras et le tirant dans un labyrinthe de petites ruelles. Nous allons bientôt avoir la foule à nos trousses !

Ils coururent pendant une petite dizaine de minutes, escaladant diverses maisons, tenant en équilibre sur les toits en tuiles, jusqu'à se cacher derrière une grande cheminée de briques rouges, qui donnait sur le port du village. Ils soufflèrent, et se regardèrent dans les yeux. Gerb lui donna 17 ou 18 ans, et lorsqu'il lui demanda, celui-ci lui répondit qu'il n'avait que 15 ans.

- Pourquoi m'avoir aidé ? demanda Gerb', en tendant une de ses pommes à Adolf.
- Je ne sais pas, probablement parce que j'aime bien voir ces petits riches s'énerver et essayer de nous courir après, avec leurs grosses jambes et leur ventre débordant du pantalon. Ils n'arriveraient même pas à me rattraper si je me contentai de marcher.. le soucis vient de la foule et de la Garde, chaque personne peut être ton ennemi et tendre le bras pour t'attraper, mais ça tu le sais sûrement déjà.

Gerb acquiesça et croqua dans sa pomme tout en essayant de ne pas trop se salir contre la cheminée. Ils restèrent là pendant près d'une heure, à contempler la mer qui s'étendait derrière le petit port de pêche. Se prenant mutuellement d'amitié, ils décidèrent de se revoir au même endroit le lendemain, ainsi que les jours d'après, afin de partager leurs larcins du soir et se conseiller sur tel ou tel marchand, qui était moins regardant sur ses produits et plus facile à voler. Cela dura pendant deux semaines, jusqu'à un jour où Adolf ne se montra pas. Gerb crût qu'il avait été pris, et se fît du soucis. Le soleil tombait derrière l'horizon, et toujours pas de trace d'Adolf… il commença à sangloter dans son coin, pleurant cette nouvelle amitié qu'il avait embrassée de tout son être, et qu'il croyait déjà perdue. Il décida de dormir sur place, au cas où il reviendrait.. d'ailleurs, il n'avait pas vraiment d'autre endroit confortable où dormir. La propriétaire de la vieille grange qu'il squattait, avait découvert la petite paillasse aménagée dans son grenier, et avait fermé la fenêtre de l'étage et condamner toutes les entrées qu'elle n'utilisait plus.

Il fût réveillé dans son sommeil par d'étranges bruits sur les toits près de lui. La lune était haute dans le ciel, mais il faisait encore chaud. C'était le début du mois d'août, les pêcheurs n'étaient pas encore debout, ce devait être le milieu de la nuit.
Il essaya de discerner le bruit qui l'avait réveillé, de celui des vagues de la mer heurtant contre les rochers et d'un cheval qui hennissait plus bas dans la rue. Il finit par reconnaître les bruits d'une personne marchant sur les tuiles, et son coeur s'anima d'un espoir. Adolf était-il de retour ? Il regarda prudemment sur le toit, toujours dissimulé par la cheminée, et fût déçu de ne voir personne. Il se retourna, et perdit l'équilibre et tomba sur les fesses en se retrouvant nez à nez, avec Adolf, un grand sourire au milieu du visage.

- Bouh, dit Adolf en rigolant
- T'es con, tu m'as fait peur… tu es pas venu à l'heure de manger, j'ai cru qu'on t'avais capturé. Et là tu viens de me foutre une deuxième peur bleue, je t'ai entendu sur les toits mais pas vu arriver.
- Tu sais, ça fait plus de 2 ans que je vis ainsi, je suis habitué à marcher discrètement quand il convient de le faire. Mais trêve d'explications futiles. J'ai une bonne nouvelle ! Un de mes collègues, Rupert', a entendu dire que "Le Voyageur", actuellement ancré à Amsterdam, recrutait des mousses pour partir en direction du Nouveau-Monde. Je vais y aller, tu viens aussi ?
dit-il plein d'excitation.

"Le Voyageur" était une flûte de commerce néerlandaise, réputée pour ses nombreux voyages intercontinentaux. Y servir payerait mieux et serait probablement moins dangereux que de risquer chaque jour de se faire attraper par quelque marchand qui reconnaîtrait l'un d'eux.

- Je sais pas.. il y a quand même maman à qui je donne parfois un peu de mes larcins pour qu'elle puisse manger et nourrir mes frères et soeurs, dit Gerb en fixant ses chaussures dont la semelle ne tenait plus à grand chose.
- ça paye assez bien d'être mousse sur une flûte marchande tu sais, en revenant tu pourras donner un peu de ta paye à ta maman si tu y tiens tant. Ils se débrouilleront en attendant !
- Pour quand est le départ ?
demanda Gerb
- Dans 3 jours, au port d'Amsterdam. Par contre, nous devons nous y présenter dès demain si nous souhaiter essayer de nous y faire engager. Chaque instant que nous attendons, un autre mousse peut se présenter à notre place.
- Je dois avertir ma maman..
- Ecoute Gerb', ta maman saura se débrouiller sans toi, la vie est dure tu sais, lâche prise de ce qui te retiens ici et viens avec moi dans le "Nouveau-Monde".. on pourra tout y recommencer !


Gerb, au prix d'innombrables arguments d'Adolf, finit par capituler et accepta de se rendre le lendemain au port d'Amsterdam avec lui. La main d'oeuvre pour les longs voyages n'était pas très courante, et ils réussirent à se faire engager en tant que mousses et aide au chef coq. Leur destination ? Cuba, île espagnole mais au contrôle des Britanniques depuis quelques années.


Le jour J, ils embarquèrent sur "Le Voyageur", un grand sourire aux lèvres, mais avec une pointe de regret pour Gerb', qui finira par revenir quelques mois plus tard sur le même navire, afin de s'occuper de sa mère.
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